Profitons de ces derniers moments de calme, de tranquillité, de trêve ronronnante, de silence contemplatif devant nos idoles qui attendent nos ola et nos Pilou-Pilou avec nostalgie pour les plus anciens, avec curiosité et impatience pour les petits nouveaux qui n’ont pas encore reçu ce diplôme fameux, rare dans son prestige, ce véritable titre d’humilité et de noblesse, l’honneur d’être un guerrier de Mayol, un rejeton de la grande dame Besagne, le minot tout simplement d’un million de supporters que la fierté de chez nous réunit dans la grande farandole toulonnaise.

C’est aussi l’occasion de leur souhaiter la bienvenue, celle qui porte des rêves nouveaux, encore plus d’espoirs, celle qui leur chante un « Coupo-Santo » avec deux cent couplets, je suis certain qu’ils comprendront tout.

Parlons de quoi ? De cette fatalité passagère qui est allé chercher des embrouilles à un bras, à une épaule, à un pied, aux adducteurs, à un doigt, à un genou, et merde, qu’elle nous oublie un peu celle-là, qu’elle aille se noyer dans un bassin de pastaga avec un camion de glaçons volcaniques.

Mais tu vois, pas de mauvais sang, il reste bien rouge, avec une colère noire.

La grande famille, les descendants de l’avenue des légendes, des géants, les héritiers de nos hordes sauvages des pelouses ancestrales et arrosées depuis toujours par la sueur et la bave, la rage qui ont écrit l’aventure magique, le roman amoureux dont nous tournerons les pages jusqu’à la fin du monde, la grande famille surveille les remparts.

Ils sont tous penchés en avant, ils se ramassent le vertige, ils ont le jarret tendu, la babine affolée, la main qui se retient, allez zou patience c’est pour bientôt …


 
(Semaine 35)