Attend un moment que j’arrête de trembler, j’ai le crayon qui gigote comme un anchois dans le salabre.

Voilà, comme toi ça va mieux, la tension a dégringolé et maintenant parlons de ce match.

Selon la coutume qui semble s’enraciner derrière une touffe de gazon, notre première entame est géante, la deuxième toute mistouline, peut être qu’une potion magique à la mi-temps ferait l’affaire, une tisane aux herbes folles de Provence, un bouillon de pèbre d’aïl, vas savoir …

Je plaisante mais ce n’est pas sincère, comme tous les supporters toulonnais je me pose la question et ça m’inquiète sur les bords.

Mais voilà, la petite cigale rouge et noire qui chante pour toujours dans ma tronche vient à sa manière de me filer un bendéou, elle me braille de partout, dans les oreilles, dans les cervelles, et oui tu as raison ma bestiole, nous n’allons pas être tous les jours les meilleurs du monde et aujourd’hui les minots ont arraché la gagne avec leurs crocs, leur volonté, leur rage, leur tout ce que tu veux, devant une grosse équipe galloise qui faisait très peu de fautes d’après les autorités impartiales qui ne nous ont pas fait de cadeaux, et oui je le dis, même si je suis le seul à l’écrire.

Alors tu vois, commencer la Coupe par une belle quine, par un Pilou-Pilou triomphant, c’est tout du bonus, du plaisir, une marche grimpée vers un trône que nous connaissons bien et qui nous attend pourquoi pas bientôt.

Imagine si nous leur avions distribué quarante pions, nous serions passés pour des sauvages, des gros prétentieux, des barbalotis, alors c’est bien mieux ainsi.

Ce soir je me le mets double le pastaga, que la victoire est belle …


 
(Toulon - Scarlets)